Cette fois-ci, en guise de blog, je vous partage un témoignage concernant mon premier pasteur, Yvon Hurtubise, écrit par sa fille aînée. C’était un homme de peu de mots, simple, humble, très fidèle ; un homme de prière et de foi que Dieu a béni au-delà de toute mesure avec trois Églises implantées autour de Drummondville et de nombreux ouvriers (pasteurs-enseignants, anciens, missionnaire outre-mer) qui ont émergé. Ce n’est pas pour rien que cette Église s’appelle : Église Baptiste de la Foi. Je vous invite à prendre connaissance de ce que cet homme et sa famille ont vécu.

« Hérétique » et héros.
Yvon Hurtubise est né en 1914, pendant une période très difficile. Ses deux grands-parents ont dû quitter leur lieu d’origine au Québec pour chercher du travail dans le nord de l’Ontario. Ils ont travaillé dans des camps de bois d’œuvre et sur les chemins de fer jusqu’à ce qu’ils aient les moyens d’acheter une terre où installer leur famille. Le père d’Yvon, Elzéar, a trouvé une ferme à Lavigne, près de la pointe du lac Nipissing.
Dès son très jeune âge, Yvon avait le désir de lire la Parole de Dieu. À maintes reprises, il a demandé au prêtre de lui en fournir une copie, mais chaque fois on lui répondait qu’il deviendrait fou s’il la lisait ! En 1942 le révérend J. R. Boyd (qu’Yvon croyait être un prêtre), a fait parvenir l’offre d’un Nouveau Testament à chaque foyer de cette communauté. Yvon en a donc commandé un et M. Boyd, accompagné par M. Wilf Wellington, a livré cet exemplaire en personne. Ensuite, chaque mois M. Boyd parcourait plus de 77 kilomètres pour aller expliquer la Parole de Dieu à la famille Hurtubise. Le lendemain de ces visites, Yvon relayait ce qu’il avait entendu à ses frères et sœurs plus jeunes, puisqu’ils avaient une compréhension très limitée de l’anglais.
Un jour, au printemps, M. Boyd s’est rendu chez les Hurtubise en compagnie de M. W. H. Frey. Yvon et son frère se trouvaient dans les champs, à labourer. M. Boyd a donc pris la place des deux garçons à la charrue pour permettre à M. Frey de leur expliquer les Écritures.
M. Boyd a ensuite invité Yvon à passer le week-end à Sudbury et le dimanche, durant la réunion à l’Église, le pasteur a demandé si quelqu’un voulait recevoir Jésus comme Sauveur. Yvon a levé la main. Quelques semaines plus tard, sa mère ainsi que ses frères et sœurs se sont donnés au Seigneur. Yvon désirait être baptisé, mais il voulait d’abord en informer son père, un homme impressionnant dont tout le monde avait peur.
Selon le prêtre, Yvon était un hérétique qui méritait de mourir. Ayant entendu cela, M. Hurtubise est devenu hostile et il a menacé de tuer tous ses enfants. Il s’est écrié : « J’ai suffisamment de munitions pour régler le cas de chacun d’entre vous. » À un moment donné, il a appuyé le canon de sa carabine contre la poitrine de sa femme en lui ordonnant de revenir à la religion catholique. Elle a refusé. Il a alors laissé tomber son arme pour ensuite abandonner à jamais sa famille peu après et aller vivre chez sa sœur.
En 1944, Yvon a quitté la ferme pour aller étudier au Toronto Baptist Seminary. Cette même année, Marion Ford déménageait de Toronto à Sudbury, ayant accepté un poste d’institutrice dans une école de cette ville. Peu après, elle est devenue diacre missionnaire dans l’Église du pasteur Boyd. Les événements se sont succédé jusqu’à ce que, un mois avant la fin de ses études théologiques et son mariage avec Marion, Yvon reçoive l’appel au pastorat de la part d’une petite Église à Malartic.
Il s’agissait d’une communauté minière aux moyens très modestes, composée de nombreux immigrants. Yvon et Marion visitaient les gens de porte en porte, mais ils étaient souvent suivis par un groupe de jeunes gens qui criaient : « Ne les laissez pas entrer ! Ce sont des baptistes suisses et communistes. » Le couple organisait des réunions d’évangélisation sur un terrain vague, mais les gens qui passaient devant en voiture klaxonnaient ou rinçaient leur moteur, dans le but d’empêcher qu’on entende leur message.
À cette époque, Lorne Heron a invité Yvon à se joindre aux réunions en plein air à Val d’Or. Lors de cet événement, les autorités leur ont dit de quitter les lieux, mais puisqu’ils n’enfreignaient aucune loi et qu’ils n’entravaient pas la circulation ils sont restés sur place. Bientôt une foule s’est formée, faisant obstacle au trafic routier. Puis des agents de police sont venus mettre les missionnaires en état d’arrestation. M. Heron a reçu une sentence de deux mois de prison, et celle de Marion et Yvon était d’un mois ; on les accusait d’être venus s’installer à Malartic dans le but de troubler la paix.
Les Hurtubise ont demeuré à Malartic pendant cinq ans, jusqu’à ce que la ville se mette à dépérir et que les gens de la congrégation aillent s’installer ailleurs pour trouver de l’emploi. Yvon et Marion ont alors déménagé à Valleyfield. Là, les choses n’étaient pas plus faciles. Pendant les réunions, des gens ouvraient les portes du lieu où les chrétiens étaient assemblés pour leur lancer des pierres. À un moment donné, le bâtiment de l’Église a été réduit en cendres. Le couple pastoral a même eu de la difficulté à louer un appartement, parce que les propriétaires avaient été avertis de leur venue en ville. Lorsque l’Église a pu ériger une chapelle, un logement leur a été préparé au sous-sol. Plus tard, Yvon a été en mesure de bâtir une maison pour les siens.
En 1964, la famille a déménagé à Drummondville. Deux ans plus tard, l’Église a pu construire un bâtiment. En 1978 le nombre de croyants avait augmenté à un point tel qu’on a dû agrandir et doubler la superficie de la structure d’origine.
Yvon s’est joint à une équipe dont l’objectif était de former des jeunes gens qui acceptaient de se consacrer à l’évangélisation pendant tout un été au Québec. Yvon soulignait par la suite que, de cette Église à Drummondville, neuf jeunes hommes ont intégré le ministère à temps plein, trois sont devenus enseignants dans des écoles chrétiennes et plusieurs jeunes femmes se sont mariées à un pasteur ou sont devenues missionnaires à l’étranger.
À travers le groupe jeunesse et le ministère à la radio, des contacts ont été établis avec des gens d’autres villes. Grâce à ces liens, des Églises ont pu être implantées à Saint-Hyacinthe, à Sorel-Tracy, à Richmond et à Acton Vale.
Yvon a officiellement pris sa retraite en 1983, mais il a continué de servir en tant que pasteur par intérim dans plusieurs Églises. Marion consacrait une bonne partie de son temps à faire de la traduction et de la préparation de cours pour les étudiants du séminaire. Le jour même où elle est allée rejoindre son Seigneur, en 1991, elle travaillait sur un dixième cours. Plus tard, Yvon s’est remarié ; après le décès de sa seconde épouse, il est allé vivre chez une de ses filles et son gendre. Il est entré dans l’éternité en 1999.
Une de ses petites-filles a écrit le texte suivant au sujet de son grand-père :Cher grand-papa, je t’aime beaucoup. J’admire tout ce que tu as accompli pour le Seigneur. À mes yeux, tu es un héros de la foi. Tu es un modèle pour moi parce que ta vie parle d’une grande foi en Dieu. Je veux que tu saches que tu laisses derrière toi tout le fruit de ce que tu as semé.
Conçu par le pasteur Richard Houle, Proklesia se veut un organisme qui offre des ressources aux Églises. Le nom Proklesia est formé de « Pro » (en faveur de…) et de « klesia » (tiré du grec ancien « ekklesia », qui signifie « Église »). Ouvrier dans les Églises au Québec de 1975 à 2023, Richard Houle a exercé un ministère d’enseignement, de formation d’ouvriers et d’implantation de nouvelles Églises. Durant son pastorat, il a eu la joie de voir naître plusieurs Églises-filles et de développer un concept d’équipe missionnaire dans le but de voir émerger un mouvement d’implantation d'Églises. Les domaines qui l’intéressent particulièrement sont : l’enseignement de la Parole de Dieu, le travail d’équipe, la prière, le réveil, l’Église-cellules, l’eschatologie et la relation d’aide. Ayant écrit certains ouvrages qui se sont avérés utiles dans l’avancement de l’œuvre de Dieu, Richard souhaite qu'ils soient, avec certains autres outils, disponibles au plus grand nombre par le moyen de ce site Internet. Visitez notre boutique en ligne pour découvrir ce que nous avons à offrir ! Richard est également l’auteur d’un blog sur lequel il expose ses réflexions et ses trouvailles.
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