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02 Août
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Le deuil – Matthieu 2.18-22 / Mourning – Matt. 2:18-22

cimetiere

(English follows)  

Depuis quelques temps, je vis une période transitoire. Dans les derniers mois, la mort a souvent frappé des gens de mon entourage. C’est sans doute dû en partie à mon âge. À 59 ans, la moyenne d’âge de mes amis et de ceux que je côtoie est logiquement plus élevée qu’à 20 ans. Soit la maladie, ou la vieillesse, emporte les membres de ma famille terrestre comme ceux de la famille de Dieu. Ceci m’amène à réfléchir plus souvent sur mon avenir et sur l’éternité.

Dernièrement, deux rencontres m’ont particulièrement ramené à ce sujet touchant qu’est le deuil. Dimanche dernier, un visiteur non chrétien à l’Église, qui est âgé de plus de 80 ans, me faisait la réflexion suivante : « C’est dur d’aller au restaurant et de constater que tu ne connais plus personne. Tous ceux que j’ai connus sont morts. Ça t’enlève le goût de vivre. ». Quelle affirmation! Ce doit être troublant de connaître une telle situation, de réaliser que dans ton quartier, tu es un des seuls qui restent de ta génération. Quelle solitude, quelle tristesse! La mort nous esseule.

Une autre rencontre qui m’a replongé dans le sujet, c’est celle d’un pasteur qui avait perdu un fils peu de temps auparavant. Un voleur était entré par effraction dans leur maison et son fils fut tué dans l’interaction qui suivit. Lorsque j’ai appris la nouvelle, mon cœur en a été bouleversé. Une mort si soudaine… Perdre un fils dans des circonstances si absurdes! Plus tard, lorsque j’ai rencontré le père, j’étais visiblement mal à l’aise d’aborder le sujet avec lui. Quel soulagement lorsqu’il a gracieusement partagé où il en était et ce qu’il vivait suite à ce drame!

Par la suite, en lisant Mathieu 2.18-22, j’ai été saisi. J’ai cru comprendre un peu ce que ce père devait vivre. Le texte fait mention des enfants de deux ans et moins qui avaient été tués par Hérode et au verset18 on lit : « Une voix s’est fait entendre à Rama, Des pleurs et beaucoup de lamentations : C’est Rachel qui pleure ses enfants ; Elle n’a pas voulu être consolée, Parce qu’ils ne sont plus. »

C’est une citation d’une prophétie sur l’exil juif à Babylone (Jérémie 31.15). La déportation est annoncée; ce sera la mort, la désolation tout autour (voir Lamentations de Jérémie). Rachel, image de la mère en Israël, femme longtemps stérile qui mourut lors d’un accouchement, représente fort bien les mères juives qui se lamenteront d’avoir perdu leurs enfants. Cette douleur incalculable de la perte d’un enfant pointait, selon Mathieu, vers un autre exil : celui de Jésus en Égypte et vers l’assassinat des enfants de deux ans et moins qui suivit. C’est une souffrance si intense qu’elle est décrite en des termes étonnants : Rachel« refuse d’être consolée parce qu’ils ne sont plus. »

Voilà un deuil pénible. Cette mère souffre à un point tel qu’elle refuse d’être consolée. Pourquoi? Son enfant n’est plus. Le texte semble suggérer qu’être consolée serait comme accepter que l’enfant est mort, ce serait comme l’oublier. Mais elle ne veut surtout pas accepter une telle perte ni oublier cet enfant! Elle désire que son souvenir reste gravé à jamais sur son cœur. Elle refuse donc la consolation, elle ne peut concevoir l’idée de cesser de le pleurer.

Le deuil nous fait vivre toutes sortes de réactions, quelquefois contradictoires et imprévisibles. Une mère qui perd son enfant, ce n’est pas une chose naturelle. Ce ne le sera jamais.

Le Père de Gloire, qui donna son Fils pour qu’il porte nos péchés et meure sur une croix rugueuse, comprend réellement ce que nous vivons lorsque nous perdons un enfant ou un être cher. Il ressent très bien nos chagrins et nos douleurs. Le père, souffrant depuis des siècles (voir Ésaïe 1.2-6), n’a jamais autant souffert que lorsqu’il a donné son Fils Unique.

Oh, les entrailles de miséricorde divine!

 

 

Mourning – Matt. 2:18-22

In recent times, I am experiencing a transitional period. The last few months have often been stricken with the death of people I knew. No doubt, my age is a factor. At 59 years old, the average age of my friends and of those with whom I rub shoulders is higher than when I was 20 years of age. Either illness or old age brings members of my earthly family as well as those of God’s family to the grave. This makes me think about my future and eternity more often.

Lately, two encounters particularly brought this moving subject of mourning home. Last Sunday, an eighty year old man, a non-Christian who was visiting our Church service, made the following remark, “It’s tough when you go to a familiar restaurant and realize that you no longer know anyone that is there. All the people I knew are dead. It takes away the will to live.” What a statement! It must be troubling to experience such a situation, to realize that in your neighbourhood, of your generation you are one of the few who remain. What solitude, what sadness! Death secludes us.

The other encounter that plunged me back into this subject was that of a pastor who had lost a son shortly before our meeting. A theif had broken into his home and the son was killed in the interaction that followed. When I heard the news, my heart was deeply upset. Such a sudden death… To lose a son in such absurd circumstances! Later, when I met this father, my uneasiness to approach the subject was visible. What a relief it was when he graciously shared how he was coping with this tragedy!

Later on, as I was reading Matthew 2:18-22, I was struck. I had the feeling I could understand a bit of what this father was going through. The text recounts the killing of children two years old and under by order of Herod, and in verse 18 we read: “A voice is heard in Ramah, weeping and great mourning, Rachel weeping for her children and refusing to be comforted, because they are no more.”  

This is a quote from a prophecy concerning the Jews’ exile to Babylon (Jeremiah 31:15). Deportation is announced; there will be death and desolation all around (see Lamentations). Rachel, the mother image in Israel, a woman who was barren for several years and who died while giving birth to a son, rightfully represents the Jewish mothers who will lament over the loss of their young children. This incalculable pain of losing a child was pointing toward another exile, according to Matthew: the exile of Jesus to Egypt and the assassination of the babies of two years and under which followed. This is such an intense suffering, that it is described in surprising terms: Rachel refusing to be comforted, because they are no more.”

This is deep painful mourning. This mother suffers to the point of refusing consolation. Why? Her child is no more. The text seems to suggest that being comforted would be like accepting the death of the child, like forgetting him/her. But she doesn’t want to accept such a loss, nor does she want to forget this child! She wants his memory to be forever etched on her heart. She therefore refuses consolation; she can’t even imagine someday not crying over this child.

Mourning provokes all kinds of reactions, sometimes even contradictory and unpredictable ones. A mother burying her child is not a natural thing. It never will be.

The Father of Glory, who gave His Son to bear our sins and die on a rugged cross, fully understands what we go through when we lose a child or loved one. He feels our pain and suffering. The Father, who suffered for centuries (see Isaiah 1:2-6), suffered like never before when He gave His Only Son.

Oh, the divine “bowels of compassion”!

Richard Houle

À propos de l'auteur

Richard Houle a connu le Seigneur à l’âge de 17 ans en lisant l’évangile de Matthieu. Désirant partager sa foi autour de lui, il a rapidement vu le Seigneur attirer à Lui plusieurs jeunes du club de natation dont il faisait partie. Richard travaille dans le ministère pastoral à temps plein depuis 1975. Il a œuvré à St-Hyacinthe, à Longueuil, dans la région de Granby et il est présentement dans la région de Montréal en vue d’y débuter un mouvement d’implantation d’Églises.

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