(English follows)
Quel contraste frappant entre l’affirmation d’Ésaïe 53, où Jésus est décrit comme étant « l’homme de douleur », et son ministère de joie paisible.
Le Maître était constamment sollicité par des besoins humains incommensurables. Ceux-ci auraient pu facilement le faire crouler sous le poids et sombrer dans la déprime. Non seulement cette lourdeur était bien réelle, mais en plus, malgré cela il invite les gens fatigués et chargés à venir à lui!
Plusieurs indices démontrent pourtant sa joie paisible. Les gens sont attirés à lui. Ses illustrations sont parsemées d’images saisissantes, dont plusieurs qui font même rigoler : la poutre dans l’œil, sonner de la trompette pour qu’on remarque la générosité, etc. Le regard de Jésus est rempli d’amour paisible : les enfants n’ont pas peur de lui, il est doux, il les bénit. Même les rejetés que les gens fuient du regard, prostituées, collecteurs d’impôts, vont vers lui. Certains, par reconnaissance, lui démontrent leur affection. Tout son être dégage gentillesse, liberté, et joie paisible.
D’où lui vient cette joie profonde malgré un contexte aussi exigeant? Il semble bien que les temps de communion intime qu’il cultive avec le Père lui procurent cette joie profonde. La Bible dit qu’il y a d’abondantes joies devant la face de Dieu, des délices éternels à sa droite. Constamment, Jésus se retire sur les montagnes, dans les déserts pour goûter la présence paisible et joyeuse de son Père. Des nuits entières sont passées à goûter les repas spirituels succulents de l’Éternel. Il est l’homme de douleur, mais il goûte aussi à la joie de la communion. Quel bel équilibre!
C’est là ce que je recherche dans le ministère. Il y a une tension réelle à maintenir. D’un côté on est sollicité par les besoins quasi infinis du ministère, besoins réels, pressants, au point où Paul s’écrie « Mais qui est suffisant pour ces choses? ». Paul décrit cette tension dans II Corinthiens 4.8 : « …pressés de toute manière, mais non écrasés; désemparés, mais non désespérés… abattus, mais non perdus. » En écrivant l’épître aux Philippiens, alors qu’il pourrait être désespéré en prison, avec la maladie grave d’un compagnon d’œuvre qui l’affecte, on constate pourtant que c’est l’épître où il enjoint l’Église de se réjouir dans le Seigneur!
Paul sait que si « la mort de Jésus » accompagne son ministère, celle-ci est toujours suivie de « la vie de Jésus ». II Cor. 4.10-11 : La douleur et la joie, quel paradoxe! En effet, ressentir une douleur semblable à celle du Sauveur, pour Sa cause, c’est « communier à sa mort ». Et cette souffrance, bien portée, suscite en nous une reconnaissance et une admiration sans bornes pour Lui et pour tout ce qu’il souffrit injustement à notre place. L’abandon de notre bien-être, les rejets, l’injustice subie, le renoncement à nos droits légitimes peuvent ainsi devenir des portes toutes grandes ouvertes sur « sa mort » pour nous puisque cela nous aide à saisir un tant soit peu ce qu’Il subi. De plus, ses interventions pour nous sortir de ces situations difficiles sont des révélations de Sa puissance vivante.
Nous pouvons donc, dans la douleur (communion à sa mort) puis dans la délivrance qu’il nous accorde (communion à sa vie), vivre une communion intense et glorieuse avec Lui, ce qui débouche inévitablement sur une joie profonde. Nous sommes alors semblables à notre Seigneur, des ouvriers de douleur et de joie.
Joy and the Man of sorrows
What a striking contrast we find between Isaiah 53’s Man of sorrows and His joyful and peaceful ministry.
The Master was constantly sought after because of incommensurable human needs. This could have easily been overwhelming and a cause for depression. Not only was this heavy load very real, but He dares to invite the tired and heavy laden to come to Him!
However, several clues indicate a peaceful joy. People are drawn to Him. His teachings are strewn with striking images, of which many even make us chuckle: the plank in your eye, blowing a trumpet so people will notice your generosity, etc. Jesus’ eyes are filled with peaceful love; children are not afraid of Him, He is meek, He blesses them. Even the outcast that people tend to shun, prostitutes and tax collectors go to Him. Some, out of gratefulness, show their affection. His whole being gives off kindness, liberty and a peaceful joy.
Where does this profound joy come from in the midst of such a demanding context? It seems like the times of intimate communion with the Father are what procures this deep joy. The Bible says that there is fullness of joy before God’s face, eternal pleasures at His right hand. Jesus constantly withdrew to the mountaintops and deserted areas to savour the peaceful and joyful presence of His Father. Entire nights were spent tasting the succulent spiritual meals of the Lord. He is the Man of sorrows, but he also relishes in the joy of communion. What balance!
That’s what I search for in ministry. There is a real tension that must be maintained. On one side the quasi infinite needs of the ministry require our attention; real, pressing needs to the point that Paul cries “Who is equal to such a task?” Paul describes this tension in II Corinthians 4:8 – « We are hard pressed on every side, but not crushed; perplexed, but not in despair (…) struck down, but not destroyed.” When writing the epistle to the Philippians, he could have been in despair while in prison, with a friend in ministry who was gravely ill. But on the contrary, we note that this is the epistle in which he invites the Church to rejoice in the Lord!
Paul knows that if « the death of Jesus » goes alongside his ministry, it is always followed by “the life of Jesus” (II Cor. 4:10-11). Pain and joy, what a paradox! Indeed, when we feel pain that resembles that of the Savior, for His cause, we “commune with His death ». And that pain, when it is sustained in the right way, produces in us boundless gratefulness and admiration for Him because of all that He suffered unjustly in our place. Abandoning our comfort, suffering rejection and injustice, relinquishing legitimate rights can all become wide open doors to « His death » for us, since they help us grasp just a little bit what He endured. Furthermore, His interventions to free us from these difficult situations are a revelation of His living power.
Therefore, in pain (communion to His death), then in the deliverance that He gives us (communion to His life), we can experience an intense and glorious communion with Him, which inevitably leads to deep joy. We then resemble our Lord, ministers of sorrow and of joy.
Conçu par le pasteur Richard Houle, Proklesia se veut un organisme qui offre des ressources aux Églises. Le nom Proklesia est formé de « Pro » (en faveur de…) et de « klesia » (tiré du grec ancien « ekklesia », qui signifie « Église »). Ouvrier dans les Églises au Québec de 1975 à 2023, Richard Houle a exercé un ministère d’enseignement, de formation d’ouvriers et d’implantation de nouvelles Églises. Durant son pastorat, il a eu la joie de voir naître plusieurs Églises-filles et de développer un concept d’équipe missionnaire dans le but de voir émerger un mouvement d’implantation d'Églises. Les domaines qui l’intéressent particulièrement sont : l’enseignement de la Parole de Dieu, le travail d’équipe, la prière, le réveil, l’Église-cellules, l’eschatologie et la relation d’aide. Ayant écrit certains ouvrages qui se sont avérés utiles dans l’avancement de l’œuvre de Dieu, Richard souhaite qu'ils soient, avec certains autres outils, disponibles au plus grand nombre par le moyen de ce site Internet. Visitez notre boutique en ligne pour découvrir ce que nous avons à offrir ! Richard est également l’auteur d’un blog sur lequel il expose ses réflexions et ses trouvailles.
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