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03 Juin
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Sous toutes ses formes et de toute manière!

S’adapter ou mourir… Le monde change rapidement et nous devons donc adapter nos méthodes, sinon en l’espace de quelques années nous devenons vraiment surannés.

Dans les années ‘70, la plupart des québécois croyaient dans le Dieu de la Bible, au ciel et à l’enfer. La chanson de Pétula Clark en est une démonstration. Le refrain disait: « Tout le monde veut aller au ciel, oui, mais personne ne veut mourir… »!

C’était la pensée de l’époque, les gens voulaient aller au ciel. Aujourd’hui une grande partie de la population se questionne sur la possibilité d’un ciel, mais certainement pas d’un enfer. De plus, quand on parle de Dieu, ceux qui y croient encore ont chacun leur idée sur son identité.

Notre approche doit être variée pour atteindre des gens de différents horizons. Selon mon expérience plusieurs approches doivent être envisagées en même temps tout dépendant de la population visée.

Dernièrement, je parlais avec un jeune homme de Montréal dans le milieu du travail communautaire; je lui expliquais que nous désirions multiplier nos Églises-maison et nous assurer que chacune d’elle développe un aspect communautaire pour contribuer son aide à la communauté. Il m’a regardé, l’air étonné, et m’a dit : « Ça c’est une bonne idée! ». Ce jeune est le reflet d’une grande partie de la jeunesse québécoise actuelle. L’utilité des Églises dans notre société leur semble inexistante. « Qu’est-ce que l’Église fait dans ce monde chaotique? Est-elle utile à quelque chose dans la société? » se demandent-ils. On voit que la perception qu’en ont les gens a changé. Un pasteur m’a mentionné la semaine dernière que son Église avait organisé une « clinique de prélèvement de sang » pour la communauté. Quelqu’un qui le connaissait lui a dit à peu près ceci : « Ça fait plusieurs années que je vous observais pour voir si vous vous impliqueriez pour votre communauté. Enfin, vous voilà! Je vous attendais depuis un bon moment. »

Je remarque qu’actuellement c’est cette approche qui semble la plus efficace en milieu urbain. Elle permet de « connecter » avec les gens, de démontrer notre amour réel pour les personnes. La base biblique d’une telle approche de pré-évangélisation est claire dans la personne de Jésus qui parcourait la Palestine entière en faisant le bien partout (Actes 10.38). Elle est aussi fortement appuyée par l’épitre à Tite, un évangéliste qui implantait des Églises sur l’ile de Crète. À cinq reprises (Tite 1.6; 2.7, 14; 3.8, 14) Paul insiste sur l’idée que ceux dont le cœur a été touché par la grâce devraient être caractérisés par une abondance de bonnes œuvres. C’est intéressant de noter que suite à la période des miracles, où l’Évangile avait rapidement pénétré le milieu, le témoignage des chrétiens qui pratiquaient de bonnes œuvres eut un impact réel.

Pendant des années, j’ai encouragé les croyants à faire des bonnes œuvres dans le milieu communautaire. J’ai vu peu de croyants initier vraiment des efforts à ce niveau-là. Dernièrement, j’ai impliqué notre Église-maison entière (dans la mesure du possible) ensemble, dans le travail communautaire, qu’on appelle communément le bénévolat. Nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements, mais je constate déjà plusieurs fruits intéressants. Tout le monde est mis à contribution à différents niveaux. Ceux qui ont le don de service, et qui se culpabilisaient de manière paralysante de ne pas être assez impliqués dans l’évangélisation, sont revigorés dans leur foi. Ceux qui ont le don de compassion sont ravis. Ceux qui ont un don de parole peuvent entrer en relation avec les autres bénévoles. Aller ensemble dans la moisson offre plusieurs avantages.

Mais je me dois de souligner que d’autres approches sont également importantes. Je pense à une Église sur l’ile de Montréal qui évangélise par les visites et le porte à porte, une pratique que bien des Églises ont abandonnée. Ils sont dans un arrondissement à forte proportion Haïtienne et Africaine. Les gens sont très ouverts à parler de l’Évangile, à être visités et questionnés sur leur foi. Une grande bénédiction repose sur cette Église. Gloire à Dieu! Cette approche est directe et elle permet évidemment d’évangéliser beaucoup plus rapidement. Il ne s’agit pas de pré-évangélisation, mais dans ce contexte, c’est tout indiqué.

Il y a aussi la pré-évangélisation relationnelle. L’idée est d’entrer en relation avec les gens qui nous entourent: au travail, dans le voisinage, dans notre équipe sportive, partout où nous sommes déjà. Les jeunes femmes chrétiennes avec leurs bébés parlant aux jeunes femmes, les grand-mères avec la photo de leurs petits-enfants, etc. Nous pouvons entrer en relation avec les gens qui nous entourent.

Il est très facile d’en venir à nous concentrer uniquement sur nos relations dans le milieu chrétien, et de cesser de nous intéresser à ceux que nous côtoyons pourtant tous les jours. Ne nous étonnons pas, dans un tel cas, qu’ils hésitent à accepter notre invitation à l’un de nos évènements d’évangélisation, se demandant pourquoi cet intérêt soudain. C’est pour cette raison que je suis devenu président de notre syndic de condos. Je m’implique avec les personnes autour de moi afin de les connaître et de leur manifester l’amour de Christ. Cette approche est basée sur le deuxième plus grand commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’évangile de Jean, dans ses premiers chapitres, illustre à quel point les relations sont importantes. André contacte son frère Pierre, (Jean 1.41, 42); Philippe trouve Nathanaël (v.44-45). C’est ainsi que 80% des conversions ont eu lieu au Québec depuis maintenant plus de 30 ans.

Pour atteindre les cœurs endurcis de notre peuple, cherchons ce qui les touche. Soyons sincères dans nos efforts, pour ouvrir les portes de leurs prisons et leur apporter l’amour et le pardon du merveilleux Sauveur.

Oh! Que Dieu nous donne d’utiliser tous les outils qu’Il nous a confiés pour que nous puissions bientôt voir le réveil tant attendu, pour ma part depuis maintenant 25 ans!

Richard Houle

À propos de l'auteur

Richard Houle a connu le Seigneur à l’âge de 17 ans en lisant l’évangile de Matthieu. Désirant partager sa foi autour de lui, il a rapidement vu le Seigneur attirer à Lui plusieurs jeunes du club de natation dont il faisait partie. Richard travaille dans le ministère pastoral à temps plein depuis 1975. Il a œuvré à St-Hyacinthe, à Longueuil, dans la région de Granby et il est présentement dans la région de Montréal en vue d’y débuter un mouvement d’implantation d’Églises.

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